Andy Warhol : génie créatif et artiste engagé

Auteur: | Catégorie:Arts & Culture

Andy Warhol, personnalité controversée, père du pop art, avant-gardiste américain… chacun a le souvenir de ses portraits acidulés de Marilyn Monroe mais connait-on vraiment l’œuvre de cet homme singulier, l’un des artistes les plus influents du 20e siècle ?

Comme de nombreux fils d’immigrés, l’idée d’incarner un nouvel exemple de l’American Dream le frappe très jeune. Son esprit précurseur et son sens de l’observation aigu lui permettent de capter l’essence de l’Amérique qu’il projette ensuite dans son œuvre, vivante et provocante.

D’abord dessinateur dans le domaine de la publicité, Andy Warhol souhaite rapidement se démarquer… il se rêve artiste ! Pour sa première grande exposition en solo, il fait le choix étonnant de poser son regard haut en couleur sur les boîtes de soupes Campbell qu’il réinterprète sérigraphiées et assemblées en une mosaïque surprenante. L’œuvre, mélange d’objets de la vie courante et de techniques industrielles, est d’une modernité telle qu’elle choque d’abord les galeristes avant de les séduire. À sa suite, les artistes du pop art se libèrent des règles classiques dans une vision moins élitiste et sacralisée de l’art. Dorénavant, d’un hamburger à Mickey Mouse, tout objet, tout sujet peut devenir une œuvre à part entière. Warhol est désormais considéré comme un visionnaire, le pape de la pop culture.

Andy Warhol reproduira sa technique de mosaïque pour rendre hommage à des icônes, notamment à Marilyn Monroe, morte quelques mois auparavant à peine. Son portrait, multiplié, teinté de couleurs criardes, flouté… souligne la perte du sens, du caractère unique de l’image. C’est la société de consommation que Warhol dénonce ainsi. Le consommateur, le regard saturé par la publicité qui règne à outrance, tombe dans une spirale où plus rien n’a de valeur. Finalement, tout s’efface dans la mort.

Le processus de l’artiste est lancé : observer, critiquer, parodier la société dans laquelle il évolue devient le cœur de son travail. Il imagine alors un lieu dans lequel il pourrait produire ses œuvres à la chaîne et s’interroge quant au fait de répliquer l’exercice sur de jeunes talents. Dans les années 60, il crée la Factory, à New York, qu’il veut concevoir comme une usine à superstars…

À la fois galerie d’art, salle de concert ou encore salle de projection, il y accueille anonymes et célébrités. C’est ainsi qu’il rencontre les Velvet Underground qu’il décide de produire et pour qui il conçoit la pochette du premier album, qu’on connaîtra désormais comme l’album « à la banane ». Celui-ci marque l’histoire du rock alors qu’il est un échec commercial. La symbolique visuelle subversive ébauchée par Warhol rejoint le style, trop transgressif pour l’époque, du groupe à la courte carrière mais à l’influence magistrale.

Éclectique, complexe, paradoxal… les adjectifs sont nombreux pour caractériser Warhol et son travail. Plus de 30 ans après son décès, il séduit, inspire et intrigue encore. Il est d’ailleurs à l’honneur, en 2020, à travers les expositions « Andy Warhol », du Tate Modern de Londres et « Warhol – The American Dream Factory » accessible à La Boverie, à Liège. De quoi découvrir ou redécouvrir l’œuvre d’un mythe…

 

Share this article on Facebook or Pinterest!